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"La meilleure manière de voyager,
c'est encore de lire un bon livre"

- JULES CLARETIE ,

La libre parole (1868)

Le concept

Tous les 15 jours, le dimanche à 10h, je vous donne rendez-vous sur Youtube pour vous raconter une oeuvre, appuyée par des illustrations exclusives réalisées par mes soins. Et cela après vous avoir présenté rapidement son auteur et avant de vous avoir donné mon avis sur le récit et l'écriture !

Pour qui ?

Tout le monde

Amateur.trice de lecture, personne curieuse... Besoin de passer le temps ou envie de constater à quel point mon débit de parole est impressionnant ?

La Bibliothèque est accessible à toutes et à tous !

Pourquoi ?

Parce que

Envie de renouer avec moi-même et de revenir à mes vieilles passions, envie de partager une passion de toujours, donner une utilité à ces centaines de fiches que je stocke sur mon disque dur depuis 2010.

La supplication

Svetlana Aleksievitch

1997

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L'AUTEUR

Svetlana Alexievitch, née le 31 mai 1948 à Stanislav, est une écrivaine et journaliste russophone soviétique puis biélorusse. Le 8 octobre 2015, le prix Nobel de littérature lui est attribué pour « son œuvre polyphonique, mémorial de la souffrance et du courage à notre époque », ce qui fait d'elle la première femme de langue russe à recevoir la distinction. Svetlana Alexievitch naît dans une famille d’enseignants de l'ouest de l'Ukraine, où s'est déroulée une partie de la guerre germano-soviétique. Son père est biélorusse et sa mère ukrainienne. Après la démobilisation de celui-ci en 1950, la famille retourne s'installer en Biélorussie à Mazyr. Sa famille a été fort éprouvée. Sa grand-mère meurt du typhus alors qu'elle est résistante. Sur trois de ses enfants, deux disparaissent pendant la guerre. Le père de Svetlana revient vivant du front, mais son grand-père y est tué. Elle passe toutefois son enfance, avant la démobilisation de son père, dans un village ukrainien de l'oblast de Vinnytsia. Par la suite, durant de nombreuses périodes de vacances, elle retourne en Ukraine, chez sa grand-mère. La littérature, dit-elle, « doit servir à écrire qu'il est nécessaire de tuer une idée, qu'il faut discuter, mais pas tuer les gens. » Puis elle rappelle les effusions de sang qu'ont connues ces hommes depuis 200 ans dont 150 en se battant. « Et tout cela pour ne jamais vivre bien. » Quant aux citoyens de l'espace post-soviétique « pendant 70 ans on les a trompés, puis pendant 20 ans encore on les a volés. » Le résultat c'est que sont apparus « des gens très agressifs et dangereux pour le monde » qui considèrent que la vie humaine a peu de valeur et que la grandeur de l'État prime la qualité de vie. Lors de la conférence de presse du 8 octobre 2015, jour de la remise du prix Nobel, elle déclare : « Le monde russe est bon : son humanité ainsi que tout ce que le monde a toujours vénéré jusqu'à présent : sa littérature, ses ballets, sa grande musique. Ce qui n'est pas aimé, c'est le monde de Beria, Staline, Poutine et de Sergueï Choïgou. » .

PARATEXTE

Des bribes de conversations me reviennent en mémoire... Quelqu'un m'exhorte : - Vous ne devez pas oublier que ce n'est plus votre mari, l'homme aimé qui se trouve devant vous, mais un objet radioactif avec un fort coefficient de contamination. Vous n'êtes pas suicidaire. Prenez-vous en main ! " Tchernobyl. Ce mot évoque dorénavant une catastrophe écologique majeure. Mais que savons-nous du drame humain, quotidien, qui a suivi l'explosion de la centrale ? Svetlana Alexievitch nous fait entrevoir un monde bouleversant celui des survivants, à qui elle cède la parole. Des témoignages qui nous font découvrir un univers terrifiant. L'événement prend alors une tout autre dimension. Pour la première fois, écoutons les voix suppliciées de Tchernobyl.

RESUMÉ

Témoignages poignant de ceux qui ont vécus la catastrophe nucléaire de Tchernobyl. On apprend une réalité autre de celle que l’on veut bien nous expliquer. On apprend la responsabilité de l’Etat en ce qui concerne les pertes humaines. Un livre qui raconte et témoigne de Tchernobyl.  

AVIS

Un livre extrêmement touchant, qui met en lumière une réalité dont on n’a, pour la plupart d'entre nous,que très peu de connaissance. Le livre a été lu pendant la crise du Covid et a fait beaucoup écho à la réalité de 2020 (ce qui est assez inquiétant). Un livre qui remet en question les progrès techniques (est ce que tout est réellement maitrisé ?) Et la confiance que l’on peut avoir envers ses dirigeants. Parce que ce qu’il s’est passé en Ukraine aurait très clairement pu se passer ailleurs. Le livre est marquant, bouleversant, et on ne finit pas la lecture indemne ! Le tout est écrit avec tellement d’authenticité et de simplicité… on plonge réellement dans le contexte historique, et il est presque facile de s’imaginer ce qu’on vécu ces personnes tellement les choses sont bien expliquées et clairement décrites. Même si, bien évidemment, il est impossible de savoir et de s’imaginer réellement des souffrances et traumatismes vécues par ces personnes. Un livre donc très intéressant, plein de vérité, qui élève la conscience, et que j’ai personnellement dévoré.  

CITATIONS

« Une question : le monde que reflète la parole est-il vrai ? La parole est entre l’homme et son âme… »

« Un événement raconté par une personne est son destin. Raconté par plusieurs, il devient l’Histoire. » 

ILLUSTRATIONS

Rien ne s'oppose à la nuit

Delphine de Vigan

2011

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L'AUTEUR

Delphine de Vigan est née le 1er mars 1966 en France. Elle commence à écrire sous le pseudonyme de Lou Delvig et sort son premier roman d’inspiration autobiographique, Jour sans faim, en 2001. C’est en 2005 seulement qu’elle commence à écrire sous son vrai nom. En 2011 parait "Rien ne s’oppose à la nuit", en lice pour le prix Goncourt et qui sera largement salué par la critique.

PARATEXTE

Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l'écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre.

Aujourd'hui je sais aussi qu'elle illustre, comme tant d'autres familles, le pouvoir de destruction du verbe, et celui du silence.

RESUMÉ

C’est à la suite du suicide de sa mère que Delphine de Vigan décide d’écrire sur sa vie. Le roman se divise en plusieurs parties. La première concerne l’enfance de Lucile (la mère de Delphine), la seconde sa vie d’adulte (qui commence réellement à la naissance de cette dernière). Le récit est alterné par des chapitres où l’auteure conte la vie de Lucile et d’autres où elle décrit ses propres recherches et son désarroi pour tenter d’achever ce projet qui l’obsède. L’auteure nous fait découvrir la bipolarité de sa mère ainsi que les bouleversants drames familiaux qu’à vécus celle-ci.  

AVIS

Ce livre est un petit bijou, Delphine nous Vigan ne se contente pas de nous raconter une histoire, elle nous la partage, et cela va bien au delà du récit; elle nous partage des émotions et des sensations. On ressent tout ça nous aussi, et personnellement j’avais vraiment l’impression de vivre et de ressentir ce qu’elle a vécu, parce qu’elle nous donne des clés de compréhension sans lesquelles il aurait été difficile de vraiment ressentir les choses. Et ça je trouve que c’est très fort ! Ici l’auteure ne se contente pas décrire un livre, elle se livre, elle cherche à comprendre, à gratter dans son histoire, dans son passé, on comprend que c’est plus qu’un simple ouvrage, c’est une véritable thérapie, et je pense qu’il faut beaucoup de courage pour écrire ça parce que déterrer toute ces souffrances, c’est se les reprendre en pleine figure et ce n’est pas un des exercices les plus évidents. Les personnages sont tendres, on s’y attache, et ils nous font comprendre que même si l’on a tout pour être heureux, parfois il y a des failles qui ne s’expliquent pas, et qu’il y a des gens qui sont juste incapables de vivre sans ressentir le poids de toute la misère du monde. Et peu importe que cela se "justifie" par le poids de leur passé ou bien par défaillance psychologique, c’est bien de le savoir. Bref, c’est un livre qui m’a énormément touché, parce qu’on suit pas à pas les questionnements de l’auteurs, et qu’au bout d’un moment ça devient nos questionnements, et donc on se sent ainsi concerné par la suite de l’histoire, comme si c’était la nôtre.  

CITATIONS

« Quoi que je dise ou fanfaronne, il y a une douleur à se replonger dans ces souvenirs, à faire ressurgir ce qui s’est dilué, effacé, ce qui a été recouvert. A mesure que j’avance, je perçois l’impact de l’écriture (et des recherches qu’elle impose), je ne peux ignorer le facteur majeur de la perturbation que celle-ci représente pour moi. L’écriture me met à nu, détruit une à une mes barrières de protection, défait en silence mon propre périmètre de sécurité. »

« Elle avait peur, tout le temps. Il a prit une photo d’elle qu’elle n’a jamais retrouvé. Il n’était pas un homme à qui on disait non. »

« Il l’avait tripatouillé, mais pas violée. Peut-être avait-il peur qu’elle parle. Elle a vécu l’oppression de cet homme, son regard, la menace qu’il représentait. Aujourd’hui, elle revendique une part de haine pour cet homme qui a brisé sa jeunesse et compromis pour longtemps son aptitude au bonheur. »

« J'écris ce livre parce que j'ai la force de m'arrêter aujourd'hui sur ce qui me traverse et parfois m'envahit, parce que je veux savoir ce que je transmets, parce que je veux cesser d'avoir peur qu'il nous arrive quelque chose comme si nous vivions sous l'emprise d'une malédiction, pouvoir profiter de ma chance, de mon énergie, de ma joie, sans penser que quelque chose de terrible va nous anéantir et que la douleur, toujours, nous attendra dans l'ombre. »

« Je ne sais plus quand est venue l’idée d’écrire sur ma mère, autour d’elle, ou à partir d’elle, je sais combien j’ai refusé cette idée, je l’ai tenue à distance, le plus longtemps possible, dressant la liste des innombrables auteurs qui avaient écrit sur la leur, des plus anciens au plus récents, histoire de me prouver combien le terrain était miné et le sujet galvaudé, j’ai chassé les phrases qui me venaient au petit matin ou au détour d’un souvenir, autant de débuts de romans sous toutes les formes possibles dont je ne voulais pas entendre le premier mot, j’ai établi la liste des obstacles qui ne manqueraient pas de se présenter à moi et des risques non mesurables que j’encourais à entreprendre un tel chantier. »

ILLUSTRATIONS

Max

Sarah-Cohen Scali

2012

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L'AUTEUR

Sarah Cohen-Scali, née à Fès au Maroc le 16 octobre 1958, est une écrivaine française. Elle possède une licence en philosophie et a suivie des études d'art dramatique avant de publier une quarantaine d'ouvrages, parfois signés sous le nom de Sarah.K. Elle remporte le Prix Sorcières en 2013, catégorie Roman pour adolescents, pour son roman Max, publié chez Gallimard Jeunesse dans la collection « Scripto » en 2012

PARATEXTE

9 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Führer. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l'on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde. Je suis l'enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans Loi. Sans rien d'autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d'aimer. Heil Hitler!"

Max est le prototype parfait du programme "Lebensborn" initié par Himmler. Des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde de purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l'Allemagne puis l'Europe occupée par le Reich. 

RESUMÉ

20 avril 1936. Minuit. Anniversaire d’Adolf Hitler. Naissance de Konrad, alias Max. Premier représentant de la race aryenne imaginée par le fuhrer. Né sans amour d’une femme choisie selon les critères du dirigeant allemand et d’un officier SS, Max est le fruit de l’organisation Lebensborn dont le but est de créer de parfaits nazis. Il se fera baptiser par Hitler en personne et confié aux plus hautes institutions afin de faire de lui le Parfait Allemand Nazi, véritable machine à tuer, antisémite et ne jurant que par le Führer.
Il sera par la suite envoyé dans des écoles d'élite (parce qu’en plus de tout ça, il se trouve être extrêmement intelligent) telles que celle de Kalish et la Napola qui feront de lui ce qu'il est sensé devenir. C'est dans celles-ci qu'il fera la connaissance d’un certain Lukas, qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau et que le "Herr Doktor Ebner", celui qui l'a mis au monde, acceptera de lui octroyer comme frère. L’histoire bascule à ce moment là. Parce que, ce qu’il faut savoir, c’est que ce prénommé Lukas est polonais et qui plus est, juif !  

AVIS

Quand on pense à la seconde guerre mondiale, une des premières atrocités qui nous vient à l’esprit, ça va être les camps de concentrations. Dans ce livre, Sarah Cohen Scali nous présente une autre réalité. Une autre atrocité dont on ne parle que très peu, voir pas du tout, mais qui pourtant était bien réelle. Le Lebensborn. Créer des enfants parfaits, aux mensurations parfaites, au physique parfait, et parfaitement endoctrinés. Des machines à tuer et à haïr. Le récit en lui même est dur. Il dépeint de manière très précise des réalités difficiles à entendre. On se demande à plusieurs reprises ; mais comment cela est possible ? C’est si atroce ! Mais pourtant oui, et pour cela le roman est très bien documenté. De plus, le récit est écrit à la première personne. On vit l’histoire au travers des yeux de Max. On lit ses pensées. Et elles ne sont pas belles ses pensées ! Ce qui est encore plus troublant, c’est le sentiment d’attachement que l’on tisse avec le personnage. Parce que c’est un enfant, qu’il grandit et apprend, et donc du coup on s’attache à lui et dans un sens on grandit et on apprend nous aussi avec lui. Mais en même temps on ne peut s’empêcher de ressentir un dégoût énorme pour son abjecte philosophie. On a envie parfois de lui mettre d’immenses claques dans la figure. Des fois on rit. Souvent on fronce les sourcils. Max est classifié comme un roman jeunesse. Mais c’est avant tout un roman pour tous. Un roman qui enseigne l’humilité, et, d’une certaine manière, l’humanité. C’est un roman qui ne peut pas laisser indifférent. C’est pas possible. Donc si vous ne l’avez pas encore lu, je vous le dis, foncez ! Je n’ai lu que deux ouvrages de cette auteure, et les deux ont été pour moi très marquants. De belles expériences de lecture.  

CITATIONS

« Pour qu'un mensonge soit crédible, j'ai découvert qu'il fallait l'agrémenter de quelques éléments de vérité."  

« Au début, on se dit " J'y arriverai jamais !", et puis si, on y arrive. Parce qu'on n'a pas le choix. »  

ILLUSTRATIONS

Moi, ce que j'aime, c'est les monstres

Emil Ferris

2017

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L'AUTEUR

Emil Ferris, c’est une dessinatrice américaine qui travaille surtout dans le domaine de l’illustration et qui est née en 1962 à Chicago. Elle acquiert une notoriété soudaine comme auteure de bande dessinée en 2017 avec Moi, ce que j'aime, c'est les monstres (My Favorite Thing Is Monsters), récit de plus de huit cents pages publié par Fantagraphics

PARATEXTE

Journal intime d’une artiste prodige, Moi, ce que j’aime, c’est les monstres est un kaléidoscope brillant d’énergie et d’émotions, l’histoire magnifiquement contée d’une fascinante enfant. Dans cette œuvre magistrale, tout à la fois enquête, drame familial et témoignage historique, Emil Ferris tisse un lien infiniment personnel entre un expressionnisme féroce, les hachures d’un Crumb et l’univers de Maurice Sendak. 

RESUMÉ

Dans le Chicago des années 1960, Karen Reyes a 10 ans et partage sa vie avec sa mère et son frère, Deeze, qu’elle adore et qui lui a fait découvrir la peinture, l’un de ses passe-temps favoris. Elle adore les films et les magazines d’horreur dont elle passe son temps à en redessiner les couvertures, mais avant tout, c’est une fan absolue des fantômes, vampires et autres morts-vivants. Elle se voit d'ailleurs comme un petit loup-garou : d'après elle, dans ce monde, il est plus facile d'être un monstre que d'être une femme. Ses passions la rendant différente de ses camarades d’école, elle se fait rejeter et en vient à rêver de devenir un monstre pour pouvoir se rebeller et venger les humiliations qu'elle subit. Et puis il y a sa voisine du dessus : Anka silverberg, une juive allemande rescapée de la Shoah et qu'on retrouve assassinée. Intriguée, Karen se lance dans une enquête pour élucider ce meurtre. Aidée par le mari d'Anka, elle écoute des cassettes enregistrées par cette dernière qui raconte sa vie en Allemagne : dominée, exploitée par des hommes pervers, humiliée, stigmatisée parce que juive et déportée… Une longue liste de malheurs qu'écoute cette petite fille en cachette. Car oui, derrière ses airs bravaches, c'est encore une petite fille, confrontée à la tristesse de son grand frère, à la maladie de sa mère, à un secret familial et qui va découvrir au cours de son enquête que les monstres, bons ou « pourris » ,sont des êtres comme les autres, complexes, torturés et fascinants.  

AVIS

Non seulement l’ouvrage est magnifique et offre aux lecteurs une véritable expérience, mais en plus, l’histoire est captivante et attirante, une fois ouvert il est très difficile de le lâcher ! Si je ne suis pas naturellement attirée par les bandes dessinées, celle-là m’a conquise et je ne peux donc que le recommander à 2000%. C’est un roman graphique qui développe plusieurs thèmes comme l'enfance, la violence de la société (celle vécue par Karen mais aussi celle vécue par Anka), la figure du monstre (qui sont les vrais monstres dans la société ?) , la sexualité qui définit chacun d'entre nous (Karen aussi jeune soit-elle sait déjà qui elle aime), mais aussi la famille (Deeze, le frère, est un personnage ambivalent, repère essentiel pour Karen mais qui cache des secrets). L’histoire est complète, et une fois le livre fermé… On en redemande ! Un véritable bijou, aussi beau que bon.  

CITATIONS

« Pour les enfants, les adultes semblent toujours libres. Mais, en vérité, il y en a beaucoup qui sont comme prisonniers. Et si on se demande qui les retient, 9 fois sur 10 d'après ce que je sais, ce sont les fantômes qui les hantent.»  

« J'en viens à croire que l'amour est une sorte de monstre, voire le monstre le plus bizarre en liberté. Et si vous pensez que l'amour, ça déchire pas les gens en lambeaux sanglants... vous avez tort!  »  

Le jour des cendres

Jean-Christophe Grangé

2020

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L'AUTEUR

Jean-Christophe Grangé, né le 15 juillet 1961 à Boulogne-Billancourt, est un journaliste, reporter international, écrivain et scénariste, notamment scénariste de bande dessinée. Après une maîtrise de lettres en Sorbonne (axée sur Gustave Flaubert), Jean-Christophe Grangé devient rédacteur publicitaire puis, âgé de 28 ans, il rencontre le photographe Pierre Perrin qui le forme au journalisme. En 1989, cette collaboration commence par un reportage d’une année sur les derniers peuples nomades à travers le monde et se poursuit durant une dizaine d’années. Ensemble, Grangé et Perrin réalisent de nombreux reportages qu’ils vendent ensuite à des magazines tels que Paris Match, le Sunday Times ou le National Geographic. Il crée par la suite la société L&G pour faire des reportages en freelance. Ces derniers vont l'entraîner aux quatre coins du monde et lui rapporter plusieurs prix, tels que les prix Reuter en 1991 ou World Press en 1992. Ces enquêtes seront aussi une formidable source d'inspiration pour ses romans, dont le premier, "Le Vol des cigognes"est publié en 1994.

PARATEXTE

Dans un monde de pure innocence, quel peut être le mobile d'un tueur ?
Dans une communauté sans péché, comment le sang peut-il couler ?
À moins qu'à l'inverse... Le coupable soit le seul innocent de la communauté.

RESUMÉ

Un homme est retrouvé enseveli sous la voûte d'une chapelle qui aurait cédé. La justice a un doute et demande à Niémans, enquêteur de se charger de l'enquête, car le contexte est particulier. La chapelle appartient à une communauté anabaptiste, les Émissaires, implantée depuis des décennies en Alsace. La victime est un de leurs chefs. Les adeptes de cette vision stricte de la chrétienté vivent en vase clos. Ils refusent de se battre et se veulent les seuls porteurs d'un message divin. Habillés comme au dix-huitième siècle, ils tirent leurs revenus de l'exploitation d'un vaste domaine vinicole.
Pour les besoins de leur récolte de vendanges tardives, ils ont besoin de travailleurs journaliers. Ivana, collègue de Niémans, se fait embaucher pour infiltrer les Émissaire et ainsi mieux comprendre le fonctionnement de la communauté et les éventuelles dissensions internes. Niémans, personnage un peu brut de décoffrage, s’occupe quant à lui de s’occuper de l’enquête de l’extérieur. Petit à petit, la piste criminelle se confirme.  

AVIS

Il s’agissait du seconde livre de Christophe Grangé que je lisais. Et je n’ai pas été déçue. En tant qu’adepte de Franck Thilliez, je me suis retrouvée dans l’intrigue de Grangé, en faisant souvent le parallèle Niéman/Sharko et Ivana/Henebelle. Si tu ne vois pas de quoi je parle, je t’invite à aller regarder cette vidéo sur le premier roman de cet auteur. La construction du roman est la même ; une intrigue très prenante, un roman rythmé avec des chapitres courts et beaucoup de rebondissements, sans parler de la fin très surprenante et qui dépasse tout ce qu’on aurait pu imaginer. Un roman comme je l’aime quoi ! Mais ce qui m’a fascinée d’autant plus, c’est la forte présence des couleurs. Le bleu et le noir font partie intégrante du livre, et c’est assez marquant de constater la dominance de ces couleurs sur toute l’histoire. Cela peut paraître anodin mais ça ne l’est pas, parce que cela contribue vraiment à nous plonger dans une ambiance, dans une atmosphère très particulière où on est sur nos gardes et où on sait que tout peut se passer. J’ai trouvé ça vraiment très intéressant. D’autant plus que le contexte et les personnages sortent quand même de l’ordinaire.
Par rapport au premier que j’ai pu lire de Grangé et dont je vous parlerai sûrement prochainement, j’ai trouvé celui-là beaucoup plus agréable à lire, avec moins de longues descriptions qui pouvaient être un peu barbantes. Ici on va à l’essentiel, et pour ma part je n’ai pas été déçue du voyage.
Amateurs de thriller, je le recommande vivement. Et même non-amateur de thriller, je pense que vous pouvez vous y risquer, il est vraiment pas mal !  

CITATIONS

« On pense que les années vous enrichissent, vous rendent plus fort. C’est tout le contraire. L’âge vous dessèche, vous ratatine. L’expérience gangrène votre volonté et pourrit vos rêves. La jeunesse ne sait rien, croit à tout, méprise les vieux - et c’est pour ça qu’elle est géniale »

« Si vous êtes au théâtre et que tout le monde y croit, c'est que vous êtes à l’église.  »  

ILLUSTRATIONS

Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie

Virginie Grimaldie

2017

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L'AUTEUR

Virginie Grimaldi est une romancière française née en 1977. Elle publie son premier roman Le premier jour du reste de ma vie en 2015, et aujourd’hui ses romans sont tous devenus des best-sellers.En 2019, elle figurait à la troisième place du Top 10 des romanciers français ayant vendu le plus de livres sur le territoire national.

PARATEXTE

"Je ne t'aime plus."
Il aura suffi de cinq mots pour que l'univers de Pauline bascule. Installée avec son fils de quatre ans chez ses parents, elle laisse les jours s'écouler en attendant que la douleur s'estompe. Jusqu'au jour où elle décide de reprendre sa vie en main. Si les sentiments de Ben se sont évanouis, il suffit de les ranimer.
Chaque jour, elle va donc lui écrire un souvenir de leur histoire. Mais cette plongée dans le passé peut faire resurgir les secrets les plus enfouis. Avec une extrême sensibilité et beaucoup d'humour, Virginie Grimaldi parvient à faire revivre des instantanés de vie et d'amour et nous fait passer du rire aux larmes. Une histoire universelle.

RESUMÉ

Dans Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie , paru en 2017, Virginie Grimaldie nous raconte l’histoire d’une jeune femme, Pauline, qui vient de traverser une séparation très difficile avec Ben, celui avec qui elle a vécu tant de choses et a même eu un enfant, l’homme de sa vie en somme. Refusant de baisser les bras, elle se donne un an pour le reconquérir et lui envoie chaque jour une lettre, avec un souvenir de leur 15 années passées ensemble. Romantique, courageux, mais surtout très dangereux car en faisant cela, elle prend le risque de remuer un passé extrême douloureux ainsi que de déterrer des secrets les plus enfouis  

AVIS

Il s’agit du tout premier livre de Virginie Grimaldi que j’ai lu, et les sensations qu’il partage sont impressionnantes. Je pense, si je ne dis pas de bêtise, que c’est la première fois qu’un livre est capable de me faire passer d’un fou rire aux larmes de bébé. Parce que oui, j’ai d’abord beaucoup ri. L’écriture de Virginie Grimaldi est juste excellente, c’est spontané, c’est naturel, c’est simple, et c’est drôle quoi ! C’est drôle. Enfin en tout cas moi, ça me fait rire. Et bon clairement, il y en a quand même beaucoup des livres qui nous font pouffer ou qui nous font esquisser de grands sourires. Mais là vraiment, je ne me suis pas contentée de ça, j’ai vraiment ri à gorge déployée. Et ça fait un bien fou ! Puis il y a la fin, que je ne vais pas vous spoiler bien sûr... Mais on ne s’y attend juste pas. Comment un livre à priori aussi léger et authentique, peut-il nous emmener à quelque chose d’aussi lourd et tragique ? J’ai l’habitude de lire des livres aux retournements de situation surprenants ou alambiqués. Mais là, j’avoue, je ne l’avais pas vu venir. J’ai peut-être sous-estimé l’auteur. On balance entre des sentiments très contradictoires, et c’est ce qui fait la force de ce livre. On se prend une claque d’émotions. En conclusion, un très bel ouvrage que je recommande bien volontiers à tous, que ce soit ceux qui sont déjà habitués à lire ou les néophytes.

CITATIONS

« Ma mère conduit aussi bien qu'elle cuisine. Au deuxième virage, j'ai envie de vomir. Au troisième rond-point, j'ai envie de sauter. A la cinquième tentative de créneau, j'ai envie d'être adoptée. »

« Tu ne sais pas à quel point tu es fort, jusqu'au jour où être fort reste la seule option. »  

ILLUSTRATIONS

Harold et Maude

Colin Higgins

1971

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L'AUTEUR

De père américain et de mère australienne, Colin Higgins est un réalisateur, scénariste et producteur américain né en 1941 à Nouméa en Nouvelle-Calédonie et mort du Sida en 1988 à Beverly Hills, en Californie. Il obtient son Bachelor's Degree à l'Université Stanford puis un Master of Fine Arts à l'Université de Californie à Los Angeles. C'est durant cette période qu'il écrit le scénario de Harold et Maude. Lorsqu’il sort au cinéma en 1972, Harold et Maude ne rencontre pas le succès espéré mais plutôt un public mitigé et des critiques tièdes. Cependant, au fil des années, sa réputation grandit et, peu à peu, il devient un film culte. De son scénario, Colin Higgins tire un roman qu’il publie en 1971,puis une pièce de théâtre adaptée par la suite en français par Jean-Claude Carrière et mise en scène par Jean-Louis Barrault. Cette adaptation théâtrale connaît elle-même un grand succès puisqu'elle sera donnée durant sept ans à Paris.

PARATEXTE

Roman, théâtre et cinéma ont rendu cette œuvre très célèbre. Harold, jeune homme riche, a une imagination délirante. Ses passe-temps favoris : rouler en corbillard et mettre en scène de faux suicides. Maude, elle, aime les cimetières mais adore la vie. Elle pose nue pour un sculpteur qui travaille sur un bloc de glace, conduit sans permis, vole des voitures. Elle est pour Harold la femme idéale. Il y a un mais... Lui a dix-neuf ans, et elle soixante-dix-neuf ! 

RESUMÉ

L’histoire relate celle de Harold, un jeune homme riche qui a une imagination délirante. Ses passe-temps favoris : rouler en corbillard et mettre en scène de faux suicides. Maude, elle, aime les cimetières mais adore la vie. Elle pose nue pour un sculpteur qui travaille sur un bloc de glace, conduit sans permis, vole des voitures. Lorsque Harold la rencontre, c’est comme une évidence : elle est pour lui la femme idéale. Mais… Il y a un mais... Lui a dix-neuf ans, et elle soixante-dix-neuf ! Et cela ne va pas du tout plaire à sa mère, Mme Chasen, une bourgeoise à l'esprit étriqué qui, entre un brushing et une séance chez le psychanalyste, exerce une emprise tyrannique sur son fils.  

AVIS

Ce roman est déluré mais plein de bon sens. On s’attache très rapidement aux personnages : ils nous font sourire et on a envie que tout se passe bien pour eux. Une belle histoire d’amour qui change de l’ordinaire et qui amène un vent de fraicheur dans le romantisme habituel des livres classiques. Il aimait la mort, elle aimait la vie. Il est né pour elle, elle est morte pour lui. Une phrase qui leur colle parfaitement à la peau. Un livre qui fait du bien, qui fait sourire et parfois soupirer (une vielle dame qui prend une auto-route en contre-sens et en se tapant une grosse barre, je ne suis pas sûre que la situation m’amuse vraiment si je la vivais) Mais plus sérieusement, c’est une écriture que j’aimerais retrouver plus dans ma bibliothèque ! Et s’il y a un classique que j’aurais également beaucoup aimé voir dans les programmes scolaires, c’est aussi celui-là ! Un livre qui réconcilie avec la "vieille" littérature française . Et je mets vieille entre guillemets, parce que je pense sincèrement que certains ouvrages datant du siècle dernier sont réellement intemporels et bien plus excitant à lire qu’un roman contemporain qui n’a rien à raconter. Mais c’est un autre débat.  

CITATIONS

« Le rire...Les larmes... Deux traits typiquement humains. Et voyez-vous, Harold, le plus important dans la vie c'est de ne pas craindre de se montrer humain »

« J’estime cependant que la plupart des malheurs de l'humanité viennent de ce que les gens qui savent pourtant qu'ils sont uniques (...) s'obstinent à se laisser traiter comme un numéro parmi la masse.  »  

ILLUSTRATIONS

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