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Les étagères

Rien ne s'oppose à la nuit

Delphine de Vigan

2011

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L'AUTEUR

Delphine de Vigan est née le 1er mars 1966 en France. Elle commence à écrire sous le pseudonyme de Lou Delvig et sort son premier roman d’inspiration autobiographique, Jour sans faim, en 2001. C’est en 2005 seulement qu’elle commence à écrire sous son vrai nom. En 2011 parait "Rien ne s’oppose à la nuit", en lice pour le prix Goncourt et qui sera largement salué par la critique.

PARATEXTE

Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l'écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre.

Aujourd'hui je sais aussi qu'elle illustre, comme tant d'autres familles, le pouvoir de destruction du verbe, et celui du silence.

RESUMÉ

C’est à la suite du suicide de sa mère que Delphine de Vigan décide d’écrire sur sa vie. Le roman se divise en plusieurs parties. La première concerne l’enfance de Lucile (la mère de Delphine), la seconde sa vie d’adulte (qui commence réellement à la naissance de cette dernière). Le récit est alterné par des chapitres où l’auteure conte la vie de Lucile et d’autres où elle décrit ses propres recherches et son désarroi pour tenter d’achever ce projet qui l’obsède. L’auteure nous fait découvrir la bipolarité de sa mère ainsi que les bouleversants drames familiaux qu’à vécus celle-ci.  

AVIS

Ce livre est un petit bijou, Delphine nous Vigan ne se contente pas de nous raconter une histoire, elle nous la partage, et cela va bien au delà du récit; elle nous partage des émotions et des sensations. On ressent tout ça nous aussi, et personnellement j’avais vraiment l’impression de vivre et de ressentir ce qu’elle a vécu, parce qu’elle nous donne des clés de compréhension sans lesquelles il aurait été difficile de vraiment ressentir les choses. Et ça je trouve que c’est très fort ! Ici l’auteure ne se contente pas décrire un livre, elle se livre, elle cherche à comprendre, à gratter dans son histoire, dans son passé, on comprend que c’est plus qu’un simple ouvrage, c’est une véritable thérapie, et je pense qu’il faut beaucoup de courage pour écrire ça parce que déterrer toute ces souffrances, c’est se les reprendre en pleine figure et ce n’est pas un des exercices les plus évidents. Les personnages sont tendres, on s’y attache, et ils nous font comprendre que même si l’on a tout pour être heureux, parfois il y a des failles qui ne s’expliquent pas, et qu’il y a des gens qui sont juste incapables de vivre sans ressentir le poids de toute la misère du monde. Et peu importe que cela se "justifie" par le poids de leur passé ou bien par défaillance psychologique, c’est bien de le savoir. Bref, c’est un livre qui m’a énormément touché, parce qu’on suit pas à pas les questionnements de l’auteurs, et qu’au bout d’un moment ça devient nos questionnements, et donc on se sent ainsi concerné par la suite de l’histoire, comme si c’était la nôtre.  

CITATIONS

« Quoi que je dise ou fanfaronne, il y a une douleur à se replonger dans ces souvenirs, à faire ressurgir ce qui s’est dilué, effacé, ce qui a été recouvert. A mesure que j’avance, je perçois l’impact de l’écriture (et des recherches qu’elle impose), je ne peux ignorer le facteur majeur de la perturbation que celle-ci représente pour moi. L’écriture me met à nu, détruit une à une mes barrières de protection, défait en silence mon propre périmètre de sécurité. »

« Elle avait peur, tout le temps. Il a prit une photo d’elle qu’elle n’a jamais retrouvé. Il n’était pas un homme à qui on disait non. »

« Il l’avait tripatouillé, mais pas violée. Peut-être avait-il peur qu’elle parle. Elle a vécu l’oppression de cet homme, son regard, la menace qu’il représentait. Aujourd’hui, elle revendique une part de haine pour cet homme qui a brisé sa jeunesse et compromis pour longtemps son aptitude au bonheur. »

« J'écris ce livre parce que j'ai la force de m'arrêter aujourd'hui sur ce qui me traverse et parfois m'envahit, parce que je veux savoir ce que je transmets, parce que je veux cesser d'avoir peur qu'il nous arrive quelque chose comme si nous vivions sous l'emprise d'une malédiction, pouvoir profiter de ma chance, de mon énergie, de ma joie, sans penser que quelque chose de terrible va nous anéantir et que la douleur, toujours, nous attendra dans l'ombre. »

« Je ne sais plus quand est venue l’idée d’écrire sur ma mère, autour d’elle, ou à partir d’elle, je sais combien j’ai refusé cette idée, je l’ai tenue à distance, le plus longtemps possible, dressant la liste des innombrables auteurs qui avaient écrit sur la leur, des plus anciens au plus récents, histoire de me prouver combien le terrain était miné et le sujet galvaudé, j’ai chassé les phrases qui me venaient au petit matin ou au détour d’un souvenir, autant de débuts de romans sous toutes les formes possibles dont je ne voulais pas entendre le premier mot, j’ai établi la liste des obstacles qui ne manqueraient pas de se présenter à moi et des risques non mesurables que j’encourais à entreprendre un tel chantier. »

ILLUSTRATIONS

Max

Sarah-Cohen Scali

2012

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L'AUTEUR

Sarah Cohen-Scali, née à Fès au Maroc le 16 octobre 1958, est une écrivaine française. Elle possède une licence en philosophie et a suivie des études d'art dramatique avant de publier une quarantaine d'ouvrages, parfois signés sous le nom de Sarah.K. Elle remporte le Prix Sorcières en 2013, catégorie Roman pour adolescents, pour son roman Max, publié chez Gallimard Jeunesse dans la collection « Scripto » en 2012

PARATEXTE

9 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Führer. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l'on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde. Je suis l'enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans Loi. Sans rien d'autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d'aimer. Heil Hitler!"

Max est le prototype parfait du programme "Lebensborn" initié par Himmler. Des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde de purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l'Allemagne puis l'Europe occupée par le Reich. 

RESUMÉ

20 avril 1936. Minuit. Anniversaire d’Adolf Hitler. Naissance de Konrad, alias Max. Premier représentant de la race aryenne imaginée par le fuhrer. Né sans amour d’une femme choisie selon les critères du dirigeant allemand et d’un officier SS, Max est le fruit de l’organisation Lebensborn dont le but est de créer de parfaits nazis. Il se fera baptiser par Hitler en personne et confié aux plus hautes institutions afin de faire de lui le Parfait Allemand Nazi, véritable machine à tuer, antisémite et ne jurant que par le Führer.
Il sera par la suite envoyé dans des écoles d'élite (parce qu’en plus de tout ça, il se trouve être extrêmement intelligent) telles que celle de Kalish et la Napola qui feront de lui ce qu'il est sensé devenir. C'est dans celles-ci qu'il fera la connaissance d’un certain Lukas, qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau et que le "Herr Doktor Ebner", celui qui l'a mis au monde, acceptera de lui octroyer comme frère. L’histoire bascule à ce moment là. Parce que, ce qu’il faut savoir, c’est que ce prénommé Lukas est polonais et qui plus est, juif !  

AVIS

Quand on pense à la seconde guerre mondiale, une des premières atrocités qui nous vient à l’esprit, ça va être les camps de concentrations. Dans ce livre, Sarah Cohen Scali nous présente une autre réalité. Une autre atrocité dont on ne parle que très peu, voir pas du tout, mais qui pourtant était bien réelle. Le Lebensborn. Créer des enfants parfaits, aux mensurations parfaites, au physique parfait, et parfaitement endoctrinés. Des machines à tuer et à haïr. Le récit en lui même est dur. Il dépeint de manière très précise des réalités difficiles à entendre. On se demande à plusieurs reprises ; mais comment cela est possible ? C’est si atroce ! Mais pourtant oui, et pour cela le roman est très bien documenté. De plus, le récit est écrit à la première personne. On vit l’histoire au travers des yeux de Max. On lit ses pensées. Et elles ne sont pas belles ses pensées ! Ce qui est encore plus troublant, c’est le sentiment d’attachement que l’on tisse avec le personnage. Parce que c’est un enfant, qu’il grandit et apprend, et donc du coup on s’attache à lui et dans un sens on grandit et on apprend nous aussi avec lui. Mais en même temps on ne peut s’empêcher de ressentir un dégoût énorme pour son abjecte philosophie. On a envie parfois de lui mettre d’immenses claques dans la figure. Des fois on rit. Souvent on fronce les sourcils. Max est classifié comme un roman jeunesse. Mais c’est avant tout un roman pour tous. Un roman qui enseigne l’humilité, et, d’une certaine manière, l’humanité. C’est un roman qui ne peut pas laisser indifférent. C’est pas possible. Donc si vous ne l’avez pas encore lu, je vous le dis, foncez ! Je n’ai lu que deux ouvrages de cette auteure, et les deux ont été pour moi très marquants. De belles expériences de lecture.  

CITATIONS

« Pour qu'un mensonge soit crédible, j'ai découvert qu'il fallait l'agrémenter de quelques éléments de vérité."  

« Au début, on se dit " J'y arriverai jamais !", et puis si, on y arrive. Parce qu'on n'a pas le choix. »  

ILLUSTRATIONS

Moi, ce que j'aime, c'est les monstres

Emil Ferris

2017

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L'AUTEUR

Emil Ferris, c’est une dessinatrice américaine qui travaille surtout dans le domaine de l’illustration et qui est née en 1962 à Chicago. Elle acquiert une notoriété soudaine comme auteure de bande dessinée en 2017 avec Moi, ce que j'aime, c'est les monstres (My Favorite Thing Is Monsters), récit de plus de huit cents pages publié par Fantagraphics

PARATEXTE

Journal intime d’une artiste prodige, Moi, ce que j’aime, c’est les monstres est un kaléidoscope brillant d’énergie et d’émotions, l’histoire magnifiquement contée d’une fascinante enfant. Dans cette œuvre magistrale, tout à la fois enquête, drame familial et témoignage historique, Emil Ferris tisse un lien infiniment personnel entre un expressionnisme féroce, les hachures d’un Crumb et l’univers de Maurice Sendak. 

RESUMÉ

Dans le Chicago des années 1960, Karen Reyes a 10 ans et partage sa vie avec sa mère et son frère, Deeze, qu’elle adore et qui lui a fait découvrir la peinture, l’un de ses passe-temps favoris. Elle adore les films et les magazines d’horreur dont elle passe son temps à en redessiner les couvertures, mais avant tout, c’est une fan absolue des fantômes, vampires et autres morts-vivants. Elle se voit d'ailleurs comme un petit loup-garou : d'après elle, dans ce monde, il est plus facile d'être un monstre que d'être une femme. Ses passions la rendant différente de ses camarades d’école, elle se fait rejeter et en vient à rêver de devenir un monstre pour pouvoir se rebeller et venger les humiliations qu'elle subit. Et puis il y a sa voisine du dessus : Anka silverberg, une juive allemande rescapée de la Shoah et qu'on retrouve assassinée. Intriguée, Karen se lance dans une enquête pour élucider ce meurtre. Aidée par le mari d'Anka, elle écoute des cassettes enregistrées par cette dernière qui raconte sa vie en Allemagne : dominée, exploitée par des hommes pervers, humiliée, stigmatisée parce que juive et déportée… Une longue liste de malheurs qu'écoute cette petite fille en cachette. Car oui, derrière ses airs bravaches, c'est encore une petite fille, confrontée à la tristesse de son grand frère, à la maladie de sa mère, à un secret familial et qui va découvrir au cours de son enquête que les monstres, bons ou « pourris » ,sont des êtres comme les autres, complexes, torturés et fascinants.  

AVIS

Non seulement l’ouvrage est magnifique et offre aux lecteurs une véritable expérience, mais en plus, l’histoire est captivante et attirante, une fois ouvert il est très difficile de le lâcher ! Si je ne suis pas naturellement attirée par les bandes dessinées, celle-là m’a conquise et je ne peux donc que le recommander à 2000%. C’est un roman graphique qui développe plusieurs thèmes comme l'enfance, la violence de la société (celle vécue par Karen mais aussi celle vécue par Anka), la figure du monstre (qui sont les vrais monstres dans la société ?) , la sexualité qui définit chacun d'entre nous (Karen aussi jeune soit-elle sait déjà qui elle aime), mais aussi la famille (Deeze, le frère, est un personnage ambivalent, repère essentiel pour Karen mais qui cache des secrets). L’histoire est complète, et une fois le livre fermé… On en redemande ! Un véritable bijou, aussi beau que bon.  

CITATIONS

« Pour les enfants, les adultes semblent toujours libres. Mais, en vérité, il y en a beaucoup qui sont comme prisonniers. Et si on se demande qui les retient, 9 fois sur 10 d'après ce que je sais, ce sont les fantômes qui les hantent.»  

« J'en viens à croire que l'amour est une sorte de monstre, voire le monstre le plus bizarre en liberté. Et si vous pensez que l'amour, ça déchire pas les gens en lambeaux sanglants... vous avez tort!  »  

Le jour des cendres

Jean-Christophe Grangé

2020

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L'AUTEUR

Jean-Christophe Grangé, né le 15 juillet 1961 à Boulogne-Billancourt, est un journaliste, reporter international, écrivain et scénariste, notamment scénariste de bande dessinée. Après une maîtrise de lettres en Sorbonne (axée sur Gustave Flaubert), Jean-Christophe Grangé devient rédacteur publicitaire puis, âgé de 28 ans, il rencontre le photographe Pierre Perrin qui le forme au journalisme. En 1989, cette collaboration commence par un reportage d’une année sur les derniers peuples nomades à travers le monde et se poursuit durant une dizaine d’années. Ensemble, Grangé et Perrin réalisent de nombreux reportages qu’ils vendent ensuite à des magazines tels que Paris Match, le Sunday Times ou le National Geographic. Il crée par la suite la société L&G pour faire des reportages en freelance. Ces derniers vont l'entraîner aux quatre coins du monde et lui rapporter plusieurs prix, tels que les prix Reuter en 1991 ou World Press en 1992. Ces enquêtes seront aussi une formidable source d'inspiration pour ses romans, dont le premier, "Le Vol des cigognes"est publié en 1994.

PARATEXTE

Dans un monde de pure innocence, quel peut être le mobile d'un tueur ?
Dans une communauté sans péché, comment le sang peut-il couler ?
À moins qu'à l'inverse... Le coupable soit le seul innocent de la communauté.

RESUMÉ

Un homme est retrouvé enseveli sous la voûte d'une chapelle qui aurait cédé. La justice a un doute et demande à Niémans, enquêteur de se charger de l'enquête, car le contexte est particulier. La chapelle appartient à une communauté anabaptiste, les Émissaires, implantée depuis des décennies en Alsace. La victime est un de leurs chefs. Les adeptes de cette vision stricte de la chrétienté vivent en vase clos. Ils refusent de se battre et se veulent les seuls porteurs d'un message divin. Habillés comme au dix-huitième siècle, ils tirent leurs revenus de l'exploitation d'un vaste domaine vinicole.
Pour les besoins de leur récolte de vendanges tardives, ils ont besoin de travailleurs journaliers. Ivana, collègue de Niémans, se fait embaucher pour infiltrer les Émissaire et ainsi mieux comprendre le fonctionnement de la communauté et les éventuelles dissensions internes. Niémans, personnage un peu brut de décoffrage, s’occupe quant à lui de s’occuper de l’enquête de l’extérieur. Petit à petit, la piste criminelle se confirme.  

AVIS

Il s’agissait du seconde livre de Christophe Grangé que je lisais. Et je n’ai pas été déçue. En tant qu’adepte de Franck Thilliez, je me suis retrouvée dans l’intrigue de Grangé, en faisant souvent le parallèle Niéman/Sharko et Ivana/Henebelle. Si tu ne vois pas de quoi je parle, je t’invite à aller regarder cette vidéo sur le premier roman de cet auteur. La construction du roman est la même ; une intrigue très prenante, un roman rythmé avec des chapitres courts et beaucoup de rebondissements, sans parler de la fin très surprenante et qui dépasse tout ce qu’on aurait pu imaginer. Un roman comme je l’aime quoi ! Mais ce qui m’a fascinée d’autant plus, c’est la forte présence des couleurs. Le bleu et le noir font partie intégrante du livre, et c’est assez marquant de constater la dominance de ces couleurs sur toute l’histoire. Cela peut paraître anodin mais ça ne l’est pas, parce que cela contribue vraiment à nous plonger dans une ambiance, dans une atmosphère très particulière où on est sur nos gardes et où on sait que tout peut se passer. J’ai trouvé ça vraiment très intéressant. D’autant plus que le contexte et les personnages sortent quand même de l’ordinaire.
Par rapport au premier que j’ai pu lire de Grangé et dont je vous parlerai sûrement prochainement, j’ai trouvé celui-là beaucoup plus agréable à lire, avec moins de longues descriptions qui pouvaient être un peu barbantes. Ici on va à l’essentiel, et pour ma part je n’ai pas été déçue du voyage.
Amateurs de thriller, je le recommande vivement. Et même non-amateur de thriller, je pense que vous pouvez vous y risquer, il est vraiment pas mal !  

CITATIONS

« On pense que les années vous enrichissent, vous rendent plus fort. C’est tout le contraire. L’âge vous dessèche, vous ratatine. L’expérience gangrène votre volonté et pourrit vos rêves. La jeunesse ne sait rien, croit à tout, méprise les vieux - et c’est pour ça qu’elle est géniale »

« Si vous êtes au théâtre et que tout le monde y croit, c'est que vous êtes à l’église.  »  

ILLUSTRATIONS

Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie

Virginie Grimaldie

2017

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L'AUTEUR

Virginie Grimaldi est une romancière française née en 1977. Elle publie son premier roman Le premier jour du reste de ma vie en 2015, et aujourd’hui ses romans sont tous devenus des best-sellers.En 2019, elle figurait à la troisième place du Top 10 des romanciers français ayant vendu le plus de livres sur le territoire national.

PARATEXTE

"Je ne t'aime plus."
Il aura suffi de cinq mots pour que l'univers de Pauline bascule. Installée avec son fils de quatre ans chez ses parents, elle laisse les jours s'écouler en attendant que la douleur s'estompe. Jusqu'au jour où elle décide de reprendre sa vie en main. Si les sentiments de Ben se sont évanouis, il suffit de les ranimer.
Chaque jour, elle va donc lui écrire un souvenir de leur histoire. Mais cette plongée dans le passé peut faire resurgir les secrets les plus enfouis. Avec une extrême sensibilité et beaucoup d'humour, Virginie Grimaldi parvient à faire revivre des instantanés de vie et d'amour et nous fait passer du rire aux larmes. Une histoire universelle.

RESUMÉ

Dans Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie , paru en 2017, Virginie Grimaldie nous raconte l’histoire d’une jeune femme, Pauline, qui vient de traverser une séparation très difficile avec Ben, celui avec qui elle a vécu tant de choses et a même eu un enfant, l’homme de sa vie en somme. Refusant de baisser les bras, elle se donne un an pour le reconquérir et lui envoie chaque jour une lettre, avec un souvenir de leur 15 années passées ensemble. Romantique, courageux, mais surtout très dangereux car en faisant cela, elle prend le risque de remuer un passé extrême douloureux ainsi que de déterrer des secrets les plus enfouis  

AVIS

Il s’agit du tout premier livre de Virginie Grimaldi que j’ai lu, et les sensations qu’il partage sont impressionnantes. Je pense, si je ne dis pas de bêtise, que c’est la première fois qu’un livre est capable de me faire passer d’un fou rire aux larmes de bébé. Parce que oui, j’ai d’abord beaucoup ri. L’écriture de Virginie Grimaldi est juste excellente, c’est spontané, c’est naturel, c’est simple, et c’est drôle quoi ! C’est drôle. Enfin en tout cas moi, ça me fait rire. Et bon clairement, il y en a quand même beaucoup des livres qui nous font pouffer ou qui nous font esquisser de grands sourires. Mais là vraiment, je ne me suis pas contentée de ça, j’ai vraiment ri à gorge déployée. Et ça fait un bien fou ! Puis il y a la fin, que je ne vais pas vous spoiler bien sûr... Mais on ne s’y attend juste pas. Comment un livre à priori aussi léger et authentique, peut-il nous emmener à quelque chose d’aussi lourd et tragique ? J’ai l’habitude de lire des livres aux retournements de situation surprenants ou alambiqués. Mais là, j’avoue, je ne l’avais pas vu venir. J’ai peut-être sous-estimé l’auteur. On balance entre des sentiments très contradictoires, et c’est ce qui fait la force de ce livre. On se prend une claque d’émotions. En conclusion, un très bel ouvrage que je recommande bien volontiers à tous, que ce soit ceux qui sont déjà habitués à lire ou les néophytes.

CITATIONS

« Ma mère conduit aussi bien qu'elle cuisine. Au deuxième virage, j'ai envie de vomir. Au troisième rond-point, j'ai envie de sauter. A la cinquième tentative de créneau, j'ai envie d'être adoptée. »

« Tu ne sais pas à quel point tu es fort, jusqu'au jour où être fort reste la seule option. »  

ILLUSTRATIONS

Harold et Maude

Colin Higgins

1971

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L'AUTEUR

De père américain et de mère australienne, Colin Higgins est un réalisateur, scénariste et producteur américain né en 1941 à Nouméa en Nouvelle-Calédonie et mort du Sida en 1988 à Beverly Hills, en Californie. Il obtient son Bachelor's Degree à l'Université Stanford puis un Master of Fine Arts à l'Université de Californie à Los Angeles. C'est durant cette période qu'il écrit le scénario de Harold et Maude. Lorsqu’il sort au cinéma en 1972, Harold et Maude ne rencontre pas le succès espéré mais plutôt un public mitigé et des critiques tièdes. Cependant, au fil des années, sa réputation grandit et, peu à peu, il devient un film culte. De son scénario, Colin Higgins tire un roman qu’il publie en 1971,puis une pièce de théâtre adaptée par la suite en français par Jean-Claude Carrière et mise en scène par Jean-Louis Barrault. Cette adaptation théâtrale connaît elle-même un grand succès puisqu'elle sera donnée durant sept ans à Paris.

PARATEXTE

Roman, théâtre et cinéma ont rendu cette œuvre très célèbre. Harold, jeune homme riche, a une imagination délirante. Ses passe-temps favoris : rouler en corbillard et mettre en scène de faux suicides. Maude, elle, aime les cimetières mais adore la vie. Elle pose nue pour un sculpteur qui travaille sur un bloc de glace, conduit sans permis, vole des voitures. Elle est pour Harold la femme idéale. Il y a un mais... Lui a dix-neuf ans, et elle soixante-dix-neuf ! 

RESUMÉ

L’histoire relate celle de Harold, un jeune homme riche qui a une imagination délirante. Ses passe-temps favoris : rouler en corbillard et mettre en scène de faux suicides. Maude, elle, aime les cimetières mais adore la vie. Elle pose nue pour un sculpteur qui travaille sur un bloc de glace, conduit sans permis, vole des voitures. Lorsque Harold la rencontre, c’est comme une évidence : elle est pour lui la femme idéale. Mais… Il y a un mais... Lui a dix-neuf ans, et elle soixante-dix-neuf ! Et cela ne va pas du tout plaire à sa mère, Mme Chasen, une bourgeoise à l'esprit étriqué qui, entre un brushing et une séance chez le psychanalyste, exerce une emprise tyrannique sur son fils.  

AVIS

Ce roman est déluré mais plein de bon sens. On s’attache très rapidement aux personnages : ils nous font sourire et on a envie que tout se passe bien pour eux. Une belle histoire d’amour qui change de l’ordinaire et qui amène un vent de fraicheur dans le romantisme habituel des livres classiques. Il aimait la mort, elle aimait la vie. Il est né pour elle, elle est morte pour lui. Une phrase qui leur colle parfaitement à la peau. Un livre qui fait du bien, qui fait sourire et parfois soupirer (une vielle dame qui prend une auto-route en contre-sens et en se tapant une grosse barre, je ne suis pas sûre que la situation m’amuse vraiment si je la vivais) Mais plus sérieusement, c’est une écriture que j’aimerais retrouver plus dans ma bibliothèque ! Et s’il y a un classique que j’aurais également beaucoup aimé voir dans les programmes scolaires, c’est aussi celui-là ! Un livre qui réconcilie avec la "vieille" littérature française . Et je mets vieille entre guillemets, parce que je pense sincèrement que certains ouvrages datant du siècle dernier sont réellement intemporels et bien plus excitant à lire qu’un roman contemporain qui n’a rien à raconter. Mais c’est un autre débat.  

CITATIONS

« Le rire...Les larmes... Deux traits typiquement humains. Et voyez-vous, Harold, le plus important dans la vie c'est de ne pas craindre de se montrer humain »

« J’estime cependant que la plupart des malheurs de l'humanité viennent de ce que les gens qui savent pourtant qu'ils sont uniques (...) s'obstinent à se laisser traiter comme un numéro parmi la masse.  »  

ILLUSTRATIONS

L'appel de l'ange

Guillaume Musso

2011

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L'AUTEUR

Né le 6 juin 1974 à Antibes, Guillaume Musso est un écrivain français qui commence à écrire alors qu’il est étudiant. À l’âge de 19 ans, fasciné par les États-Unis, il séjourne quelques mois à New York où il travaille comme vendeur de crèmes glacées. Et un peu comme pour le père d’Amélie Nothomb, c’est un détail qui a son importance parce qu’il explique sans aucun doute les nombreuses référence à La grosse Pomme et à l’Amérique en général dans la plupart de ses ouvrages. En rentrant des États-Unis, il passe le CAPES de sciences économiques et sociales et, de 1999 à 2003, enseigne les sciences économiques et sociales en lycée avant de devenir formateur à l’IUFM de Lorraine. C’est en mai 2001 que paraît son premier roman, Skidamarink. Depuis, Musso est l’un des auteurs français les plus lus. Ses livres sont traduits dans 38 langues et les ventes totales de ses romans dépassent les 22 millions d’exemplaires. En octobre 2009, il est l’auteur de la « dictée d’ELA », donnant le coup d’envoi de la campagne annuelle « Mets tes baskets et bats la maladie » pour lutter contre la leucodystrophie et est nommé en 2012, chevalier de l'ordre des arts et lettres.

PARATEXTE

Dans leur téléphone, il y avait toute leur vie…
New York. Aéroport Kennedy. Un homme et une femme se télescopent. En ramassant leurs affaires, Madeline et Jonathan échangent leurs téléphones portables. Lorsqu’ils s’aperçoivent de leur méprise, ils sont séparés par 10 000 kilomètres : elle est fleuriste à Paris, il tient un restaurant à San Francisco. Cédant à la curiosité, chacun explore le contenu du téléphone de l’autre. Une double indiscrétion et une révélation : leurs vies sont liées par un secret qu’ils pensaient enterré à jamais…

RESUMÉ

Madeleine est une femme Anglaise. Jonathan un homme Français. Ils se croisent à l'aéroport JFK de New-York. Ils ne se connaissent pas mais s’échangent par erreur, dans l'affolement du télescopage, leurs téléphones portable. Cédant à la curiosité, chacun explore le contenu du téléphone de l’autre pour découvrir à travers les informations conservées dans la mémoire de chaque appareil, leur vie.
Jonathan découvre ainsi que Madeleine est une fleuriste Parisienne, ex policière à Londres qui a quitté la police à cause d'une affaire qu'elle n'a pas pu mener à bien et qui l’a rendue plus mal que jamais. La disparition d’Aline Dixon, une jeune fille de 14 ans dont la disparition avait été déclarée par sa mère semaine après les faits.
Madeleine découvre elle aussi la vie de Jonathan, et elle va se passionner pour cet homme d'exception qui est passé du devant de la scène, cuisinier élu meilleur chef du monde à total inconnu égaré à San Francisco, tout cela à cause de sa femme et de leur séparation. Un divorce, la perte de la garde de sa fille, perte du restaurant, perte de ses recettes et perte de son nom. Une double indiscrétion et une révélation : leurs vies sont liées par un secret qu’ils pensaient enterré à jamais…  

AVIS

Ce roman, c’est le tout premier que j’ai lu de Guillaume Musso, et c’est après celui-ci que je me suis mise à attendre impatiemment las sortie, chaque année de son dernier livre en format poche. Par où commencer… Musso, c’est un auteur qui m’a pendant longtemps énormément inspirée. J’aimais son univers, j’aimais la manière qu'il avait de nous transporter d’un point A, de faire en sorte que l’on s’attende à arriver au point B mais finalement de nous envoyer à un point C qu’on n’avait pas su anticiper… J’aimais son écriture. Aujourd’hui, je suis beaucoup plus critique. Mais ce livre, je voulais vous en parler, parce que, tout d’abord, je l’ai adoré à l'époque où je l'ai lu.
Le livre est très facile à lire. C’est typiquement le genre de livre que j’aime lire dans le train ou l’été sur la plage. Il est intriguant et on a vite envie de le finir pour voir jusqu’où il va aller et à quel point il va aller loin. Les échanges par SMS se lisent vite, on arrive bien à saisir ce qu’il se passe… En terme d’immersion on est vraiment pas mal ! Sans parler de la fin qui est à première vue plutôt scotchante. Mais. En fait, si tu veux lire et apprécier un Musso, tu en lis un et c’est bon, tu les as presque tous lu. Je m’explique.
Musso c’est un auteur populaire, qui sort un livre chaque année, et qui cartonne chaque année. C’est un auteur qui a trouvé une formule qui fonctionne, et qui la réutilise systématiquement dans tous ses ouvrages. Un peu d’amour, un poil de fantastique, et vas-y que je te mets des rebondissementss à n’en plus finir… De temps en temps, ok. Mais au bout d’un moment, il y a comme un gros vide qui se crée. J’ai lu onze de ses livres, et sur les onzes il n'y en a que deux qui m’ont marquée. Celui là parce qu’il s’agissait du premier, et que bah oui, y’a quand même un truc, et La Fille de Papier parce que l’histoire était pour le coup plutôt marquante. Mais c’est tout. Autrement je les confonds tous !
Ce n’est malheureusement pas le seul auteur à fonctionner de cette manière, et après tout pourquoi pas. C’est juste que, pour ma part, les livres commerciaux comme Musso, il ne m’en faut pas trop. Quand tu fermes le livre, tu as passé un bon moment, mais rien en toi n’a changé, l’expérience n’était pas enrichissante. Et personnellement, quand je lis un livre, j’aime sentir que je m’enrichis, et j’aime constater la manière dont le livre m’affecte et, d’une certaine manière, me change. Voilà, en conclusion, si tu ne connais pas Guillaume Musso, ce livre là est chouette et très bon dans son genre donc si tu as une soirée ou deux à tuer en attendant que ta bouffe cuise, tu peux te laisser tenter !  

CITATIONS

« La passion c'est comme la drogue : au début tu penses la maîtriser, puis un jour, tu dois bien admettre que c'est elle qui te maîtrise ... »

« Un arbre sans racine n'est qu'un bout de bois» 

« Elle savait que le bien et le mal coexistaient en chaque individu. Que certains, par choix ou par contraintes, exploraient ce qu'il y avait de pire en eux » 

ILLUSTRATIONS

Bel Ami

Guy de Maupassant

1885

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L'AUTEUR

Guy de Maupassant est un écrivain français né le 5 août 1850  Tourville-sur-Arques et mort le 6 juillet 1893 à Paris. Lié à Gustave Flaubert et à Émile Zola, Maupassant a marqué la littérature française par ses six romans, dont Une vie en 1883, qui, pour l'anecdote, a marqué les prémices de La Bilbliothèque il y a près de 6 ans. Je disais donc qu’il avait marqué par ses six romans dont Une vie en 1883 et Bel Ami en 1885 . La carrière littéraire de Maupassant se limite à une décennie — de 1880 à 1890 — avant qu’il ne sombre peu à peu dans la folie et ne meure avant ses quarante-trois ans. Reconnu de son vivant, il conserve un renom de premier plan, renouvelé encore par les nombreuses adaptations filmées de ses œuvres.

PARATEXTE

Le monde est une mascarade où le succès va de préférence aux crapules. La réussite, les honneurs, les femmes et le pouvoir: le monde n'a guère changé. On rencontre toujours - moins les moustaches - dans les salles de rédaction ou ailleurs, de ces jeunes aventuriers de l'arrivisme et du sexe. Comme Flaubert, mais en riant, Maupassant disait de son personnage, l'odieux Duroy : " Bel-Ami, c'est moi." Et pour le cynisme, la fureur sensuelle, l'athéisme, la peur de la mort, ils se ressemblaient assez. Mais Bel-Ami ne savait pas écrire, et devenait l'amant et le négrier d'une femme talentueuse et brillante. Maupassant, lui, était un immense écrivain. Universel, déjà, mais par son réalisme, ses obsessions et ses névroses, encore vivant aujourd'hui.

RESUMÉ

George Duroy est un ancien sous-officier du 6e régiment des hussards ayant passé des années en Algérie, qui travaille dorénavant dans les chemins de fer à Paris. Très dépensier, il peine à joindre les deux bouts, mais retrouve par hasard un ancien camarade de régiment, Charles Forestier. Attristé par la situation de Duroy, Forestier, rédacteur au journal La Vie Française, l'engage comme journaliste et l'invite à une soirée mondaine chez lui. Duroy s'y fait remarquer par ses récits sur la vie en Algérie, en particulier par Clotilde de Mareller. Il gravit peu à peu les échelons et débute une relation avec Clotilde, dont le mari est presque toujours absent. Mais trouvant que Charles Forestier ne le traite pas avec suffisamment de respect, Duroy commence à le haïr et souhaite le faire cocu avec sa femme, Madeleine, qui le rejette avant de finalement l’épouser après que son mari ne décède . La carrière de Duroy décolle, mais ses collègues ne cessent de l'appeler Forestier, ce qui le rend furieux. Il insiste alors pour que sa femme reconnaisse qu'elle ait fait Forestier cocu, ce qu'elle refuse de faire, donc il recommence sa liaison avec Clotilde de Marelle. Et l’histoire de Duroy, allias Bel-Ami, continue ainsi, relatant celle d’une ambition assouvie à travers l’argent et les femmes dans le Paris fastueux des années 1880.  

AVIS

Bon, l’avis est mitigé. Ce n’est clairement pas mon préféré de Maupassant. L’histoire est sympa, mais des fois un peu longue, d’autant plus que c’est du vocabulaire parfois complexe, avec des tournures inhabituelles pour l’époque contemporaine donc il faut se concentrer pour le lire. Pour être tout à fait honnête, j'ai beau reconnaître le talent et la singularité de la plume de Maupassant, je me suis vraiment ennuyée en lisant Bel-Ami. Bon après c’est le lancement qui est délicat, on se fait tout de même par la suite rapidement prendre par l'histoire ! Les personnages sont très intéressants et la morale est finalement bonne à prendre : vouloir, c’est pouvoir ! Georges Duroy n’est clairement pas un ami que l’on voudrait avoir, mais on ne peut qu’admirer la façon qu’il a de toujours rebondir et de réussir ce qu’il entreprend. Même si sa manière de faire avec les femmes peut parfois laisser à désirer. En conclusion, Bel-Ami est un classique qui mérite sa renommée. Il n’est pas du genre à donner goût à la vie, loin de là, mais l’écriture, le cynisme et le style de l’auteur ne peut qu’être salué.  

CITATIONS

« La vie est une côte. Tant qu'on monte, on regarde le sommet, et on se sent heureux; mais, lorsqu'on arrive en haut, on aperçoit tout d'un coup la descente, et la fin, qui est la mort. Ça va lentement quand on monte, mais ça va vite quand on descend. A votre âge, on est joyeux. On espère tant de choses, qui n'arrivent jamais d'ailleurs. Au mien, on n'attend plus rien... que la mort. »

« On naît, on grandit, on est heureux, on attend, puis on meurt. Adieu ! Homme ou femme, tu ne reviendras point sur la terre ! Et pourtant chacun porte en soi le désir fiévreux et irréalisable de l'éternité, chacun est une sorte d'univers dans l'univers, et chacun s'anéantit bientôt complètement dans le fumier des germes nouveaux. Les plantes, les bêtes, les hommes, les étoiles, les mondes, tout s'anime, puis meurt pour se transformer. Et jamais un être ne revient, insecte, homme ou planète  »  

ILLUSTRATIONS

Mercure

Amélie Nothomb

1998

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L'AUTEUR

De son vraie nom Fabienne Claire, Amélie Nothomb est une auteure d’une famille noble Belge intéressée par la politique et la littérature. Son père est un diplomate belge qui sert entre1 968 et 1972 comme consul général à Ōsaka au Japon avant de prendre poste à Pékin, New York, au Bangladesh et en Birmanie. En 1980, il rejoint la Belgique comme directeur d'Asie au ministère des Affaires étrangères avant de reprendre une activité d'ambassadeur, notamment au Japon de 1988 à 1997. C’est un détail qui a son importance, car il peut expliquer l’attrait puissant de l’auteure pour ce pays, dont elle fait référence à de nombreuses reprises dans ses livres et y puise aussi pas mal d’inspiration, comme par exemple dans son célèbre écrit "Stupeur et tremblement".
Concernant ses études, elle fait une première année universitaire en droit, obtient une licence en philosophie romane à l'Université libre de Bruxelles, et envisage un moment la carrière d'enseignant, passant et obtenant l'agrégation de lettres classiques. C’est en 1992 qu’elle publie son premier roman "Hygiène de l’Assassin" qui est un succès et marque le début de sa carrière. Elle publie par la suite un roman par an aux éditions Albin Michel, et ses écrits sont traduits dans trente-sept langues à travers le monde.

PARATEXTE

Sur une île au large de Cherbourg, un vieil homme et une jeune fille vivent isolés, entourés de serviteurs et de gardes du corps, à l’abri de tout reflet ; en aucun cas Hazel ne doit voir son propre visage. Engagée pour soigner la jeune fille, Françoise, une infirmière, va découvrir les étranges mystères qui unissent ces deux personnages. Elle saura pourquoi Hazel se résigne, nuit après nuit, aux caresses du vieillard. Elle comprendra au prix de quelle implacable machination ce dernier assouvit un amour fou, paroxystique… Au cœur de ce huis clos inquiétant, Amélie Nothomb retrouve ses thèmes de prédilection : l’amour absolu et ses illusions, la passion indissociable de la perversité.

RESUMÉ

Nous sommes entre les années 50 et 60 à Cherbourg, sur les côtes Normandes. Et plus précisément sur une île au large la ville, où un vieil homme et une jeune fille vivent isolés. Cette dernière, Hazel, est d’une beauté à couper le souffle, mais elle l’ignore. Enfermée dans un manoir dépourvu de tout objet permettant la réflection (fenêtre, miroir, eau etc. ), elle est persuadée d’être une orpheline sauvée des bombardements de 1918 par celui qu’elle appelle Le Capitaine (le vieil homme), mais marquée de terribles cicatrices sur le visage qui la défigureraient et la rendraient terriblement laide. Alors qu’elle tombe malade (fièvre, étourdissements...), elle reçoit la visite exceptionnelle d’une infirmière, Françoise, pour la soigner. Avant sa venue, le viel homme la met en garde : en aucun cas elle ne doit questionner le passé de la jeune fille ou encore moins aborder son physique en sa présence, même pas une seule réaction.
Françoise accepte mais se rend bien compte que quelque chose cloche, que la relation entre la jeune fille et le vieillard est ambiguë. Elle décide donc, chaque jour, de verser le mercure présent dans son thermomètre dans un seau afin de permettre à terme de révéler à la jeune fille son reflet et de la sauver ainsi de l’implacable machination au prix de laquelle le vieux assouvit un amour fou, paroxystique… Amélie Nothomb retrouve ses thèmes de prédilection : l’amour absolu et ses illusions, la passion indissociable de la perversité… Et ça, ce n’est pas moi qui le dit, c’est la quatrième de couverture !  

AVIS

Ce roman est une tuerie, voilà. Plus sérieusement, j’ai adoré, il se dévore. La plume d’Amélie Nothomb est folle : on sent à quel point elle maîtrise la langue et les mots, à quel point elle est capable de captiver le lecteur et de lui faire vivre l’histoire ! Ce bouquin est sans aucun doute mon préféré de l’auteur, et fait assurément partie de mes livres préférés tout auteur et tout genre confondu. Il faut le lire ! Un huit clos un peu morbide, mais diablement bien écrit, le vocabulaire est vraiment super diversifié mais en même temps le livre reste très accessible, pas besoin d’être un lecteur vorace pour le dévorer et l’apprécier, au contraire ! Il n’est pas épais, il y a pas mal de dialogues, on ne s’ennuie pas… Il a quand même beaucoup de qualités quoi ! Et je vais pas vous spoiler la fin mais… Quand même quoi. Ah bah quand tu finis le livre tu beugues. Un vrai chef d’oeuvre, et bien que ce ne soit pas le plus connu et reconnu d’Amélie Nothomb, ça a été en tout cas pour moi LE plus marquant.  

CITATIONS

« Il a répondu que sa haine de la mer était de celles qui s’apparentent à l’amour : « Ni avec toi, ni sans toi » »

« Pourquoi est-il impossible de faire du bien à quelqu’un sans lui faire de mal ? Pourquoi est-il impossible d’aimer quelqu’un sans le détruire ?  »  

ILLUSTRATIONS

Train d'enfer pour ange rouge

Franck Thilliez

2004

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L'AUTEUR

Franck Thilliez est né en 1973 à Annecy . C’est un écrivain français, auteur de romans policiers et de thrillers mais également scénariste. Il étudie a l’Institut supérieur de l'électronique et du numérique (ISEN) de Lille afin de devenir ingénieur en nouvelles technologies et vit aujourd’hui à Mazingarbe, petite commune proche de Béthune dans le Pas-de-Calais. En 2020, Franck Thilliez a dix-neuf romans à son actif sans compter son premier, "Conscience animale", qui restera plus ou moins confidentiel. Celui que l’on considère réellement comme son premier, Train d’Enfer pour Ange Rouge, paraît pour la première fois en 2004 aux éditions Vie du Rail et se fait rapidement remarquer. Mais c’est lorsqu’il publie son deuxième, La Chambre des Morts en 2005 et aux éditions Le Passage, qu’il se fait réellement connaître. Le romans recevra le prix des lecteurs Quais du Polar 2006, ainsi que le Prix SNCF du polar français en 2007 avant de se faire adapter au cinéma cette même année par Alfred Lot.

PARATEXTE

Un cadavre en morceaux artistiquement répartis est retrouvé aux environs de Paris. La victime a été décapitée et son corps martyrisé a fait l'objet d'une mise en scène défiant l'imagination. Le commissaire Franck Sharko est dépêché sur les lieux. Les ténèbres, il connaît : sa femme a disparu depuis six mois. Aucun signe de vie, aucune demande de rançon. Et cette nouvelle affaire, en réveillant le flic qui dormait en lui, va l'emmener au cœur de la nuit, loin, beaucoup trop loin...

RESUMÉ

Dans Train d’Enfer pour ange Rouge commence une série d’enquêtes menées par le commissaire Sharko, un vieux flic hanté par ses démons qui se raccroche au travail comme à une bouée de sauvetage. Il y a quelques mois sa femme se fait enlever. Il relance régulièrement ses collègues sur l’avancée de l’enquête mais sans trop de nouvelles, ce qui commence à lui peser. C’est dans ce contexte qu’on l’appelle un jour pour enquêter sur une affaire de meurtre assez atroce : une jeune femme retrouvée assassinée, démembrée et mutilée de façon assez terrible et très glauque. Le tout mis en scène par le tueur de façon à vous glacer le sang. Sharko, c’est un flic qui a déjà vu beaucoup de choses et cette enquête n’est qu’une de plus à rajouter à sa longue liste. Mais Lorsqu’il reçoit du tueur en personne un mail crypté qui lui est directement adressé, l’affaire devient personnelle et le commissaire va se lancer à corps perdu dans cette enquête qui l’emmènera ainsi dans un monde qu’il vaut mieux ignorer, le milieu sombre du sexe, du saxo-masochisme, de la violence extrême et des perversions de l’être humain. Une question cependant ne tarde pas à voir le jour : se pourrait-il que la disparition de sa femme ait un lien avec cette enquête ?  

AVIS

Ce qui est assez bluffant, c’est que Franck Thilliez nous fait naviguer dans ce roman entre fiction et faits réels. Le roman est vraiment très bien documenté et c’est souvent ce que l’on retrouve dans la plupart de ses écrits. Chaque phrase, action ou fait est réfléchi et a du sens. Rien n’est là par hasard et tout se vérifie. De plus, le suspens est présent et très addictif ! Cependant, si l’on compare avec ses derniers livres je dirai que celui-là est parfois un peu long, avec des chapitres qui font beaucoup de pages et certaines lourdeurs… Comme des phrases assez longues avec beaucoup de métaphores qui complexifient la lecture pour au final pas grand chose. Mais rien qui ne gêne réellement la lecture ! Bon, si tu es amateur de Thriller, je pense que tu vas très rapidement comprendre qui est le tueur. C’est selon moi un des points faibles majeurs de ce livre. Mais l’écriture de Franck Thilliez est minutieusement travaillée et assumée, il n’a pas peur de dépeindre les vices des Hommes et y va franco, ce qui nous plonge immédiatement dans l’intrigue et qui nous laisse dévorer les 400 pages très rapidement. Ce n’est pas mon roman favoris de Franck Thilliez, mais quand on se dit que c’est un premier… On ne peut que saluer le travail et le talent ! C’est d’autant plus interessant qu’on voit en lisant ses ouvrages l’évolution au fil des années. Et l’évolution de son personnage, également, le commissaire Franck Sharko. Je ne peux donc que recommander !  

CITATIONS

« Prenez un phare en pleine mer. Par une nuit calme, pouvons-nous affirmer que l’édifice est ferme ? Non. Par contre, si la tempête se déchaîne sur lui, alors nous saurons s’il tient bon. L’épreuve reflète la nature profonde des choses, c’est le miroir de la personnalité. »

ILLUSTRATIONS

Livres, par auteur